Après avoir fait sensation avec l’excellent Dream Scenario qui offrait la part belle à l’interprétation de Nicolas Cage, Kristoffer Borgli, réalisateur et scénariste norvégien, revient sur le devant de la scène avec le très attendu : The Drama.
The Dramaexplore à nouveau l’entité du couple, que Borgli affectionne particulièrement, à travers un nouveau prisme. Pour ce faire, le studio A24 le pare de deux véritables stars du cinéma, Zendayaet Robert Pattinson suffisamment “bankable” pour attirer les foules – sans pour autant garantir la réussite du projet.Certes, il est pratiquement impossible de passer à côté des productions du studio de cinéma américain indépendant A24 de nos jours. Leurs films bénéficient d’un accueil critique largement positif et s’imposent régulièrement dans les listes de prétendants aux Oscars, jusqu’à devenir omniprésents grâce à une promotion toujours plus spectaculaire. Mais cela est-il véritablement gage de qualité ? Au contraire, cette quasi saturation de l’espace public, comme ce fut récemment le cas avec Marty Supreme, ne dénature-t-elle pas la promesse qualitative implicitement associée au studio ? « Un couple comblé voit son bonheur mis à l’épreuve lorsqu’un rebondissement inattendu vient tout bouleverser à une semaine de son mariage. «
Deconstructing Harry meets Sally
The Drama déborde de genres, qu’il explore et qu’il exploite à merveille. A première vue, il réutilise outrancièrement les codes de la comédie romantique : du célèbre meet cute au coup de foudre, jusqu’au quotidien du couple menant à l’inévitable mariage (dont on ne verra au final jamais la demande). Mais ici ces codes sont présents pour être déconstruits voire remaniés et questionnés au moment où intervient le véritable drame de l’histoire, qui n’est autre que le twist tant promu. Si ce dernier reste déconcertant, là n’est pas le véritable coup de marée auquel le spectateur peut se préparer. Puisque Kristoffer Borgli sait maintenir son audience en haleine, il s’en sert comme levier pour déplacer le regard du spectateur vers un questionnement plus complexe et inattendu. A travers cette réflexion, Kristoffer Borgli dissémine des éléments de comédies, notamment un humour sarcastique voire grinçant, suscitant une réaction incontrôlable mais nécessaire face aux péripéties dépeintes, et venant contrebalancer le malaise qui s’en dégage.Zendaya dévoile alors une palette de jeu plus étendue, loin de ses rôles plus lisses dans des productions comme Spiderman, se rapprochant davantage de l’intensité de Euphoria ou Malcolm & Marie. De son côté, Robert Pattinson se révèle toujours aussi habité par les rôles qu’il interprète, confirmant son aisance dans des rôles tourmentés, à l’instar de ses performances dans The Lighthouse ou Mickey 17. Leur complémentarité renforce la crédibilité du couple et intensifie la dynamique dramatique.















