Une romance gay, sado-masochiste, dans le milieu des motards britanniques. La plupart des médias ne parleront que de cela. Mais Pillion, premier film de Harry Lighton, c’est bien plus que ça.
C’était l’une des découvertes de la rédaction au festival Chéries-Chéris 2025. Librement adapté du livre Box Hill de Adam Mars-Jones, Pillion (terme qui désigne le passager sur une moto) est le premier long-métrage de Harry Lighton, jeune réalisateur britannique repéré en 2017 avec son court-métrage Wren Boys (nommé aux BAFTA’s et présenté à Sundance). Plusieurs éléments diffèrent, comme l’action qui prend place de nos jours contrairement au roman où cela se passe en 1975. Le caractère subversif, lui, reste.« Colin (Harry Melling), un jeune homme introverti, rencontre Ray (Alexander Skarsgård), le leader séduisant et charismatique d’un club de motards. Ray l’introduit dans sa communauté et fait de lui son soumis. »
Entre catharsis et « red flag »
Après un premier plan « lynchien » où la caméra lèche l’asphalte, Harry Lighton décide de dresser le décor sans attendre. D’un côté, Ray (Alexander Skarsgard), grand, beau et mutique motard tout de cuir vêtu. De l’autre, Colin (Harry Melling), chemise bigarrée, chapeau en osier, voix fluette et cristalline. Tout oppose Ray et Colin et pourtant une histoire va naître. En affublant ses personnages d’outils marqués, le réalisateur pousse le train de la différence afin de frapper encore plus fort par la suite.Nous sommes dans un quartier résidentiel britannique classique, Colin, sorte de Tanguy à l’anglaise, vit chez ses parents, compréhensifs mais étouffants. L’oiseau est comme en cage, pas à sa place. Une scène image parfaitement ce sentiment. Colin, attablé pour le repas de Noël en famille, semble hagard. La caméra zoome lentement vers lui, traversant le tumulte qu’offre ce genre de repas. On est dans un tableau photographique de Nick Waplington mais pourtant la vie de Colin l’introverti s’apprête à basculer.Ce dernier va en effet découvrir le monde des motards. Et pas n’importe lequel. Celui d’un club de motards SM. Si la moto rime déjà avec liberté, que dire d’un motard SM ? Dès le premier « date », Colin et le spectateur se heurtent aux penchants de Ray. Enfiler votre casque, la « ride » ne fait que commencer. Au petit jeu de la soumission, Skarsgard et Melling font monter brillamment la tension, entre scène de lutte gréco-romaine le cul à l’air et humiliation. On sourit autant qu’on hurle intérieurement. Et au passage un grand coup de chapeau au coordinateur d’intimité Robbie Taylor Hunt !















