Mike Flanagan (Pas un bruit, Docteur Sleep…) rempile avec Netflix et adapte (très) librement la nouvelle de Edgar Allan Poe, La Chute de la Maison Usher, pour une nouvelle série d’horreur à la maîtrise époustouflante.
Dans un style assez différent de son habitude, Mike Flanagan mélange des personnages tout droit sortis de Succession avec une ambiance angoissante dont il a le secret. La Chute de la Maison Usher surprend, déroute et passionne. « Les redoutables Roderick et Madeline Usher ont fait de Fortunato Pharmaceutique un empire d’abondance, de privilège et de pouvoir. Mais de sombres secrets surgissent lorsque les héritiers de la dynastie Usher commencent à mourir des mains d’une mystérieuse femme de leur passé. »
Une narration sur la longueur
La série commence lorsque Roderick Usher (Bruce Greenwood) doyen de la famille, invite Auguste Dupin (Carl Lumbly), avocat qu’il connaît de longue date et qui lutte contre son entreprise depuis des années, dans son ancienne maison pour lui avouer ce qui est arrivé à sa famille et lui promet une confession. Ainsi l’histoire s’articulera autour de trois temporalités de l’ascension fulgurante et mystérieuse des Usher jusqu’à leur chute brutale. Si la structure des épisodes s’avère prévisible et que la plupart répètent le même schéma, le cœur du scénario s’installe dans le fil rouge qui lie les chapitres en nous donnant au compte-goutte les clés de la compréhension totale des véritables enjeux de la série. Même au niveau plus formel, certaines scènes terrifiantes ou autres screamers sont mis en place sur le long terme, dilué sur plusieurs épisodes, ce qui crée une tension latente de fond assez remarquable. De plus, la série se penche vers le body horror, ajoutant une nouvelle couche macabre entre le cruel et le jouissif.Des personnages qu’on aime détester
Là où Flanagan nous avait habitué à des personnages complexes mais attachants qu’on aime voir évoluer, ici c’est totalement l’inverse. La famille Usher est froide, cynique, complètement déconnectée et sans une once d’empathie, quand ils ne sont pas totalement sociopathe. Des personnes si égoïstes, que même leur nom ne suffit pas à les faire s’entre apprécier. Ils ont pour seule motivation l’argent du Père et une avidité insatiable. Tout passe évidemment par des dialogues percutants mais aussi par des performances d’acteurs impeccables, dont nous ne sommes pas en reste. L’ensemble du casting cabotine dans un surjeu tout à fait approprié, que ce soit les chouchous habituels (Kate Siegel, Henry Thomas…) ou d’autres beaux noms comme Bruce Greenwood absolument magistral ou encore Mark Hamill dans un rôle d’avocat froid, calculateur et sans pitié qui surprend.








