L’Âme du Vin, dernier documentaire de Marie-Ange Gorbanevsky, ne retrace pas la carrière de Vin Diesel mais la production du vin de Bourgogne. Un film à consommer avec modération.
Dans L’Âme du vin, tout commence comme dans une chanson de Michel Sardou : la caméra s’ouvre en plan large sur les vignes, la terre, les hommes. Le soleil caresse l’horizon, un cheval de trait trace un sillon millénaire, ce n’est pas le décor du Connemara, mais des domaines du Volnay et de la Romanée-Conti. Une musique médiévale se lance, le documentaire va méticuleusement passer en revue toute la chaîne de production du vin, du labour à la dégustation, en passant par la récolte.L’œnologie a su donner au cinéma quelques films mémorables, on pense par exemple aux ballades éthyliques du Singe en hiver de Henri Verneuil, ou aux chemins de traverse empruntés par le Sideways d’Alexander Payne. Ken Loach avait également rendu un hommage gouleyant au whisky dans le récent La Part des Anges.
A consommer avec modération
Plus que d’intellect, le vin est d’abord affaire de sensations. Ainsi n’est-il pas aisé d’expliquer le vin avec des mots. Comment retranscrire cette sensation gustative qui parle d’abord au palais ? Malgré les meilleures explications du monde, les meilleures comparaisons, on ne pourra jamais approcher cette réalité qui se dévoile seulement au coin des lèvres. Les explications très techniques du film, nous cueillent directement à froid, et il n’est pas simple de comprendre ce que ces professionnels qui s’expriment à l’écran, veulent bien dire. Leur jargon ésotérique, aussi habité fut-il, n’est malheureusement pas pédagogique pour les profanes qui s’intéresseraient au sujet. Mais peut-être est-ce ici le propre de l’élitisme ? De la même manière, pourrait-on parfois nous reprocher, à nous autres critiques cinémas, nos formules pompeuses et alambiquées à propos du dernier Christophe Honoré.Cependant, le vin est n’est pas qu’une question de goût. C’est aussi une question de vue. Le vin se décrit par sa robe, sa jambe, sa couleur… La vue, voici un sens que le cinéma, art de l’image, peut éveiller. Pourtant, le film préfère la plupart du temps des plans larges, où l’on ne voit, évidemment, le nectar que de très loin. Il n’y a pas ici de grande ambition cinématographique, et le film n’échappe pas à la réalisation « ORTF » de nombreux documentaires.La mise en scène se résume à de long plans-séquences fixes, quelques zooms… pas davantage. L’impression de lenteur est pesante, et le montage aurait probablement gagné à être raccourci, car en 1h40, le film parviendrait presque à nous saouler sans que l’on n’ait bu une seule goutte. La réussite technique est plutôt à chercher dans sa prise de son, subtile, ainsi que dans sa photographie qui rappelle dans ses meilleurs moments, les peintures champêtres des impressionnistes.




